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Chansons en latin

Vieilles chansons françaises ... en latin

Le Festival Européen Latin Grec (FELG), animé par sa créatrice Elizabeth Antébi, a demandé à Yves-Noël Lelouvier (alias Ivo-Natalis Luparius), directeur honoraire de Notre Histoire et rédacteur-éditeur à Encyclopaedia Universalis de traduire spécialement pour le FELG 2008, huit chansons françaises. La Fondation Aeaneas et la Librairie Latine Calepinus ont décidé, à cette occasion, d'offrir aux professeurs présents une petite édition spéciale des dites chansons en latin. Aujourd'hui, à la demande de plusieurs personnes, nous publions ces traductions en ligne, mais nous demandons à chacun de bien vouloir respecter les copyright Lelouvier/association Fortuna Juvat, c'est-à-dire de bien vouloir citer leurs sources chaque fois qu'ils les utilisent, et ne pas les utiliser à des fins commerciales. Il faut en effet considérer le temps et l'effort des traducteurs et producteurs de cette entreprise, le Festival étant beaucoup fondé sur un bénévolat et un dévouement très grands. Merci à vous et ... chantons.

LA FOULE

Je revois la ville en fête et en délire
Suffoquant sous le soleil et sous la joie
Et j'entends dans la musique les cris les rires
Qui éclatent et rebondissent autour de moi
Et perdue parmi ces gens qui me bousculent
Etourdie, désemparée, je reste là
Quand soudain, je me retourne, il se recule,
Et la foule vient me jeter entre ses bras ...

Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne
Ecrasés l'un contre l'autre
Nous ne formons qu'un seul corps
Et le flot sans effort
Nous pousse, enchaînés l'un et l'autre
Et nous laisse tous deux
Epanouis, enivrés et heureux.

Entraînés par la foule qui s'élance
Et qui danse
Une folle farandole
Nos deux mains restent soudées
Et parfois soulevés
Nos deux corps enlacés s'envolent
Et retombent tous deux
Epanouis, enivrés et heureux ...

Et la joie éclaboussée par son sourire
Me transperce et rejaillit au fond de moi
Mais soudain je pousse un cri parmi les rires
Quand la foule vient l'arracher d'entre mes bras ...

Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne
Nous éloigne l'un de l'autre
Je lutte et je me débats
Mais le son de sa voix
S'étouffe dans les rires des autres
Et je crie de douleur, de fureur et de rage
Et je pleure ...

Entraînée par la foule qui s'élance
Et qui danse
Une folle farandole
Je suis emportée au loin
Et je crispe mes poings, maudissant la foule qui me vole
L'homme qu'elle m'avait donné
Et que je n'ai jamais retrouvé ...

TURBA

Laetitia exsultantem urbem reviso
Sub sole et gaudio suffocantem
Et in musica voces, risus audio
Sonantes, circum me resilientes
Et inter gentes pulsata deerrans
Conturbata, exarmata, ibi sto
Quando repente respicio, recedit,
Me turba in ejus amplexum inducit

Ablati a turba trahente
Rapiente
Oppressi duo in unum
Sumus corpus unum
Et facile fluctus
Pellit, simul constricti,
Et relinquit nos
Diffusos, inebriatos, beatos

Abrepti a turba trahente
Saltante
Insanis motibus
Manus nostrae coalescunt
Plerumque surrecti
Corporibus conjunctis
Volamus imo ab alto
Diffusi, inebriati, beati

Et risu ejus aspersa laetitia
Me transfigit, redundat ad animam
Sed subito quirito in cachinnis

Quando turba illum ex brachiis abducit ...

Ablati a turba trahente
Rapiente
Unum ab una arcet
Luctor, adverso flumine,
Vocis ejus sonus
In alium risu exanimatur
Et clamito, strideo, vociferor
Et fleo ...

Abrepta a turba irruente
Saltante
Insanis motibus
Longe ablatata sum
Et pugnos contraho, turbam exsecror quae extorquet
Virum quem me donabat
Atque nunquam a me repertum

JOLIE MÔME

T'es tout'nue
Sous ton pull
Y a la rue
Qu'est maboul'
Jolie môme
T'as ton cœur
A ton cou
Et l'bonheur
Pas en-d'ssous
Jolie môme
T'as l'rimmel
Qui fout l'camp
C'est l'dégel
Des amants
Jolie môme
Ta prairie
Ca sent bon
Fais-en don
Aux amis
Jolie môme
T'es qu'un' fleur'
De printemps
Qui s'fout d'l'air
Et du temps
T'es qu'une rose
Eclatée
Que l'on pose
A côté
Jolie môme
T'es qu'un brin
De soleil
Dans l'chagrin
Du réveil
T'es qu'un' vamp
Qu'on éteint
Comm'un'lampe
Au matin
Jolie môme
Tes baisers
Sont pointus
Comme un accent aigu
Jolie môme
Tes p'tits seins
Sont du jour
A la coque
A l'amour
Jolie môme
Ta barrière
De frou-frous
Faut s'la faire
Mais c'est doux
Jolie môme
Ta violette
Est l'violon
Qu'on violente
Et c'est bon
Jolie môme
T'es qu'un fleur
De pass'temps
Qui s'fout d'l'heure
Et du temps
T'es qu'une étoile
D'amour
Qu'on entoile
Aux beaux jours
Jolie môme
T'es qu'un point
Sur les « i »
Du chagrin
De la vie
Et qu'une chose
De la vie
Qu'on arrose
Qu'on oublie
Jolie môme
T'as qu'un' paire
De mirettes
Au poker
Des conquêtes
Jolie Môme
T'as qu'un'rime
Au bonheur
Faut qu'ça rime
Ou qu'ça pleure
Jolie môme
T'as qu'une source
Au milieu
Qu'éclabousse
Du bon dieu
Jolie môme
T'as qu'un'porte
En voil'blanc
Que l'on pousse
En chantant
Jolie môme
T'es qu'un' pauv'
Petit'fleur
Qu'on guimauv'
Et qui meurt
T'es qu'une femme
A r'passer
Quand son âme
Est froissée
Jolie môme
T'es qu'un' feuille
De l'automne
Qu'un effeuille
Monotone
T'es qu'un'joie
En allée
Viens chez moi
La r'trouver
Jolie môme
T'es tout'nue
Sous ton pull
Y a la rue
Qu'est maboule
Jolie môme

JUCUNDA

Nudata
Sub stola
In via
Deperit
Jucunda
Et torques
Cor tuum
Fortuna
Est infra
Jucunda
Pigmentum
Effluit
Solvuntur
Amantes
Jucunda
Tu'pratum
Unguentum
Da istud
Amicis
Jucunda
Florescis
Ver'primo
Spernis hor'
Ac tempus
Tu rosa
Expansa
Ad latus
Posita
Jucunda
Frustulum
Ex sole
In maesta
Prim'hora
Stella es
Extincta
Ut lampas
Tam mane
Jucunda
Oscula
Acuta
Imprimis
Jucunda
Tu'sinus
Recens est
Inescans
Concitans
Jucunda
Tu'claustra
Denticul'(a)
Vincenda
Sed dulcia
Jucunda
Viol'(a) tua
Organum
Violandum
Voluptas !
Jucunda
Et flos es
Ludicra
Sin' hora
Nec tempor'(e)
Stella es
Amoris
Linteum
Aestivum
Jucunda
Es punctum
Super "i"
Doloris
Vitae
Ac es res
Vitae
Aspersa
Oblita
Jucunda
Hab'(es) duos
Oculos
In joco
Captionum
Jucunda
Homoeo-
-teleuton
Fortunae
Unum habes
Jucunda
Fons tuus
In medio
Aspergit
Divinum
Jucunda
Hab's valvam
Tot'albam
Apertam
Canendo
Jucunda
Es pauper
Flosculum
Voratum
Ad mortem
Femina
Polienda
Cum anim'(a)
Rugata
Jucunda
Es folium
Automnum
Nudatum
Totidem
Laetitia
Quae fugit
Veni dom'(um)
Quaerere
Jucunda
Nudata
Sub stola
En via
Deperit
Jucunda

LE FIACRE

Un fiacre allait, trottinant,
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Un fiacre allait, trottinant,
Jaune, avec un cocher blanc.

Derrièr' les stores baissés,
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Derrièr' les stores baissés
On entendait des baisers.

Puis un' voix disant : " Léon !
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Puis un' voix disant : " Léon !
Pour ... causer, ôt' ton lorgnon !"

Un vieux monsieur qui passait,
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Un vieux monsieur qui passait,
S'écri' : "Mais on dirait qu'c'est

Ma femme avec un quidam !
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Ma femme avec un quidam ! "
I' s'lanc' sur le macadam'.

Mais i' gliss' su' l' sol mouillé,
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Mais i' gliss' su' l' sol mouillé,
Crac ! il est écrabouillé.

Du fiacre un' dam' sort et dit :
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Du fiacre un' dam' sort et dit :
"Chouett', Léon ! C'est mon mari !

Y a plus besoin d' nous cacher,
Cahin, caha,
Hu, dia, hop là !
Y a plus besoin d' nous cacher.
Donn' donc cent sous au cocher ! "

RAEDA

Raeda tolutim ibat
Cahin caha
Hu, dia, hop la
Raeda tolutim ibat
Flava, cum alb'(o) auriga.

Pone saepta vela
Cahin caha
Hu, dia, hop la
Pone saepta vela
Oscula audiebantur

Deinde vox dicit : « Leo !
Cahin caha
Hu, dia, hop la
Deinde vox dicit : Leo !
Loquens tolle vitrum ! »

Vetus quidam transiens
Cahin caha
Hu, dia, hop la
Vetus quidam transiens
Clamat : « Videtur quod

Me' uxor cum quodam
Cahin caha
Hu, dia, hop la
Me'uxor cum quodam ! »
Irrumpit in semitam.

Lapsat in terram madidam
Cahin caha
Hu, dia, hop la
Sed lapsat terr'(a) madida
Illico obteritur

E raeda matrona surgit :
Cahin caha
Hu, dia, hop la
E raeda matrona surgit :
« Bene, Leo, conjux meus est

Non opus est nos celare!
Cahin caha
Hu, dia, hop la
Non opus est nos celare!
Aurigae centum asses pende. »

L'AME DES POETES

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
La foule les chante un peu distraite
En ignorant le nom de l'auteur
Sans savoir pour qui battait leur cœur
Parfois on change un mot, une phrase
Et quand on est à court d'idée
On fait la la la la la la
La la la lala la

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leurs chansons courent encore dans les rues
Un jour peut-être bien après moi
Un jour on chantera
Cet air pour bercer un chagrin
Ou quelqu'heureux destin
Fera-t-il vivre un vieux mendiant
Ou dormir un enfant
Tournera-t-il au bord de l'eau
Au printemps sur un phono

Longtemps, longtemps, longtemps
Après que les poètes ont disparu
Leur âme légère et leurs chansons
Qui rendent gais qui rendent tristes
Filles et garçons
Bourgeois, artistes
Ou vagabonds

POETARUM ANIMA

Tam diu, tam diu, tam diu
Post poetarum abitum
Su'(a) cantica currunt in viis
Viri canunt ea vag'(o) animo
Ignorantes auctoris nomen
Nescientes quem illi amabant
Non nunquam verbum, dictum mutant
Et si mentis inopes sunt
Dicunt la la la la la la
La la la lala la

Tam diu, tam diu, tam diu
Post poetarum abitum
Su'(a) cantica currunt in viis
Et fortasse post mortem meam
Aliquando non nulli canent
Hoc carmen contra dolorem
Aut pro felici fato
Vel egenti pacem ferens
Vel infantem soporans
Ut amores saltent
In pratis vere primo

Tam diu, tam diu, tam diu
Post poetarum abitum
Leves animae et carmina
Quae hilarant, quae contristant
Puellas puerosque
Cives, Fabros
Vel Errantes

COMPLAINTE
DE LA BUTTE

En haut de la rue St-Vincent
Un poète et une inconnue
S'aimèrent l'espace d'un instant
Mais il ne l'a jamais revue

Cette chanson il composa
Espérant que son inconnue
Un matin d'printemps l'entendra
Quelque part au coin d'une rue

La lune trop blème
Pose un diadème
Sur tes cheveux roux
La lune trop rousse
De gloire éclabousse
Ton jupon plein d'trous

La lune trop pâle
Caresse l'opale
De tes yeux blasés
Princesse de la rue
Sois la bienvenue
Dans mon cœur blessé

Les escaliers de la butte sont durs aux miséreux
Les ailes des moulins protègent les amoureux

Petite mendigote
Je sens ta menotte
Qui cherche ma main
Je sens ta poitrine
Et ta taille fine
J'oublie mon chagrin

Je sens sur tes lèvres
Une odeur de fièvre
De gosse mal nourrie
Et sous ta caresse
Je sens une ivresse
Qui m'anéantit

Les escaliers de la butte sont durs aux miséreux
Les ailes des moulins protègent les amoureux

Mais voilà qu'il flotte
La lune se trotte
La princesse aussi
Sous le ciel sans lune
Je pleure à la brune
Mon rêve évanoui.

COLLINAE CARMEN

In via Sancti Vincentis
Poet'(a) ac Puella quaedam
Se amacerunt breviter
Sed is eam non revisit

Carmen illud composuit
Sperans carissimam suam
Verno man'(e) illud audire
Ubicumque insemita

Luna pallescens
Ponet diadema
In rufam comam
Luna subrufa
Gloria aspergit
Foratam stolam

Luna pallida
Opalum mulcet
Palpebrae tuae
Regina vialis
Grata adveni
In cordis vulnus

Collinae scalae durae sunt miseris
Molarum pennae amantes protegent

Cara mendicans
Tu' manum sentio
Meam quaerentem
Tu' pectus stringo
Et tu' cingulum
Maerorem linquo

In tu' labiis
Febrem olfacio
Jejunae puellae
Si me blandiris
Magna voluptas
Me consumit

Collinae scalae durae sunt miseris
Molarum pennae amantes protegent

Sed ecce pluvia
Et fugit luna
Transit regina
Sub cael'(o) sin' luna
Nocte lugeo
Delusum somnium

MON AMANT
DE SAINT-JEAN

Je ne sais pourquoi j'allais danser
A Saint-Jean au musette,
Mais quand un gars m'a pris un baiser,
J'ai frissonné, j'étais chipée
Comment ne pas perdre la tête,
Serrée par des bras audacieux
Car l'on croit toujours
Aux doux mots d'amour
Quand ils sont dits avec les yeux
Moi qui l'aimais tant,
Je le trouvais le plus beau de Saint-Jean,
Je restais grisée
Sans volonté
Sous ses baisers.

Sans plus réfléchir, je lui donnais
Le meilleur de mon être
Beau parleur chaque fois qu'il mentait,
Je le savais, mais je l'aimais.

Comment ne pas perdre la tête,
Serrée par des bras audacieux
Car l'on croit toujours
Aux doux mots d'amour
Quand ils sont dits avec les yeux
Moi qui l'aimais tant,
Je le trouvais le plus beau de Saint-Jean,
Je restais grisée
Sans volonté
Sous ses baisers.

Mais hélas, à Saint-Jean comme ailleurs
Un serment n'est qu'un leurre
J'étais folle de croire au bonheur,
Et de vouloir garder son cœur.

Comment ne pas perdre la tête,
Serrée par des bras audacieux
Car l'on croit toujours
Aux doux mots d'amour
Quand ils sont dits avec les yeux
Moi qui l'aimais tant,
Mon bel amour, mon amant de Saint-Jean,
Il ne m'aime plus
C'est du passé
N'en parlons plus.

SANCTI-JOANNIS
AMANS

Nescio cur ii ad saltandum
In Sanctum-Joannem
Sed quando vir me osculavit
Trepidavi, prensa sum ...
Quomodo non conturbari
In audacis amplexibus
Nam semper credis
Amoris verba
Quando oculis dicuntur
Illum amabam
Atque pulcherimum judicabam
Inebriata
Obtemperans
Sub osculis

Inconsiderans ei dedi
Melius ipsius
Ei diserto et mendaci,
Id sciebam sed amabam

Quomodo non conturbari
In audacis amplexibus
Nam semper credis
Amoris verba
Quando oculis dicuntur
Illum amabam
Atque pulcherimum judicabam
Inebriata
Obtemperans
Sub osculis

In Santo-Johann'ut alio
Juramentum fallit
Demens fui fortunam sperans
Cor ejus servare volens

Quomodo non conturbari
In audacis amplexu
Nam semper credis
Amaris verba
Quando oculis dicuntur
Ego amabam
Pulchrum amantem Sancti-Joannis
Non me jam amat
Peractum est
Sileamus ...

OU SONT TOUS
MES AMANTS ?

Où sont tous mes amants
Tous ceux qui m'aimaient tant
Jadis quand j'étais belle ?
Adieu les infidèles
Ils sont je ne sais où
A d'autres rendez-vous
Moi mon cœur n'a pas vieilli pourtant
Où sont tous mes amants ?

Dans la tristesse et la nuit qui revient
Je reste seule, isolée sans soutien
Sans nulle entrave, mais sans amour
Comme une épave mon cœur est lourd
Moi qui jadis ai connu le bonheur
Les soirs de fête et les adorateurs
Je suis esclave des souvenirs
Et cela me fait souffrir.

Où sont tous mes amants
Tous ceux qui m'aimaient tant
Jadis quand j'étais belle ?
Adieu les infidèles
Ils sont je ne sais où
A d'autres rendez-vous
Moi mon cœur n'a pas vieilli pourtant
Où sont tous mes amants ?

La nuit s'achève et quand vient le matin
La rosée pleure avec tous mes chagrins
Tous ceux que j'aime
Qui m'ont aimée
Dans le jour blême
Sont effacés
Je vois passer du brouillard sur mes yeux
Tous ces pantins que je vois, ce sont eux
Luttant quand même, suprême effort,
Je crois les étreindre encore.

Où sont tous mes amants
Tous ceux qui m'aimaient tant
Jadis quand j'étais belle ?
Adieu les infidèles
Ils sont je ne sais où
A d'autres rendez-vous
Moi mon cœur n'a pas vieilli pourtant
Où sont tous mes amants ?

UBI SUNT
AMANTES ?

Ubi sunt amantes
Qui me tant'(um) amabant
Quando pulchra eram ?
Vale infideles
Vae illis transfugis
In alia lecta
Cor meum tamen non senuit
Ubi sunt amantes ?

In maerore redeuntis noctis
Solivaga, sin(e)' firmamento sum
Soluta sed sine amore
Ut naufragium cor patitur
Olim cognovi felicitatem
Vespera festa et sectatores
Nunc memoriae famula sum
Et eo magis crucior

Ubi sunt amantes
Qui me tant'(um) amabant
Quando pulchra eram ?
Vale infideles
Vae illis transfugis
In alia lecta
Cor meum tamen non senuit
Ubi sunt amantes ?

Nox cursum peragit atque mane
Ros luget cum maeroribus meis
Omnes quos amo
Qui m'amabant
Prima luce
Evanuerunt
Nebula oculos meos tegit

Ut simulacr'(a) amantes video

Tamen summo impetu luctor
Credens illos tenere

Ubi sunt amantes
Qui me tant'(um) amabant
Quando pulchra eram ?
Vale infideles
Vae illis transfugis
In alia lecta
Cor meum tamen non senuit
Ubi sunt amantes ?

COMPLAINTE
DES INFIDELES

1 - Bonnes gens
Ecoutez la triste ritournelle
Des amants errants
En proie à leurs tourments
Parce qu'ils ont aimé
Des femmes infidèles
Qui les ont trompés
Ignominieusement
Méfiez-vous, femmes cruelles
Qu'on vous en fasse tout autant
La douleur n'est pas éternelle
Même chez le meilleur des amants
Vaincues par vos propres armes,
Vous connaîtrez à votre tour
Et le désespoir et les larmes
De la jalousie et de l'amour

Cœur pour cœur,
Dent pour dent,
Telle est la loi des amants,
Cœur pour cœur,
Dent pour dent,
Telle est la loi des amants.

2 - Bonnes gens,
C'est le refrain des filles cruelles
Sans foi, ni serment
Trompées par leurs amants,
Parce qu'ils ont aima
Des femmes infidèles,
Ils se sont vengés
Victorieusement
Ah ! souffrez mes tourterelles
Vous voici en peine d'amant ;
Des inquiétudes mortelles,
C'est vous qui connaîtrez le tourment,
Répandez vos jolies larmes
Oui, pleurez, c'est bien votre tour,
Vous avez dû rendre vos armes
Et l'amour est mort, vive l'amour !

Cœur pour cœur,
Dent pour dent,
Telle est la loi des amants,
Cœur pour cœur,
Dent pour dent,
Telle est la loi des amants.

CARMEN
INFIDELIUM

Bon(i) viri
Audite tristem cantilenam
Vagant(um)' amantum
Qui excruciantur
Quia amaverunt
Perfidas feminas
Quae deluserunt
Ignominiose
Ac timete crudeles
Ne idem vobis accidat
Dolor sempiterna non est
Et apud optimum amantem,
Victae propriis armis
Subibitis ipsae quoque
Tristitiam lacrimasque
Suspicionis et amoris.

Cor pro cord(e)'
Sic talio
Est dura lex amantum
Cor pro cord(e)'
Sic talio
Est dura lex amantum

Bon(i)' viri
Hic canunt crudeles feminae,
Vanae, fallaces,
Delusae a viris
Qui has amaverunt
Perfidas feminas
Vindicaverunt
Plene triumphantes
Ah ! Dolete turtures
Nunc amantes desinitis.
Atque mortalium curarum
Vos ipsae tormentum feretis
Lacrimas effundite
Posthac opportet vos flere
Arma ponere coactae
Et victus amor, amor victor !

Cor pro cord(e)'
Sic talio
Est dura lex amantum
Cor pro cord(e)'
Sic talio
Est dura lex amantum

Copyright traduction en latin : FELG « Fortuna Juvat » et Yves-Noël Lelouvier

 



Date de modification : 02.06.2008

Cantinelae Gallicae

morwennacantilenae

Morwenna Ealet a créé, pour le Festival Européen Latin Grec 2008 ces huit chansons traduites par Ivo-Natalis Luparius, alias le journaliste, historien et auteur Yves-Noël Lelouvier. Elle sont sous copyright, mais nous avons choisi de les publier sur notre site avec des clauses restrictives (cf. paragraphe d'introduction à droite), pour en faire profiter classes et professeurs. La fondation Aeneas et la librairie latine Calepinus en ont fait un très joli livret pour les professeurs ayant participé au Festival 2008.morwennaexterieur1